août 172012
 

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Foudre en randonnéeS’il y a bien un moment où on se sent petit en randonnée, c’est quand on se fait surprendre par un orage et que l’on se retrouve au beau milieu de celui-ci. Le bruit du tonnerre, la lumière des éclairs, la pluie, le vent et même parfois la grêle – tout cela est souvent à la fois beau et terrifiant.

Quand on est chez soi au chaud, cela peut être fascinant de regarder un orage par la fenêtre. En randonnée, loin d’un abri fermé, c’est souvent une autre histoire – on se sent un peu à la merci de la nature.

Cela vous est-il déjà arrivé ? Et qu’avez-vous fait ? Avez-vous couru ou paniqué comme beaucoup de personnes ? Connaissiez-vous les précautions à prendre ?

Les orages sont responsables de beaucoup d’accidents en randonnée. On ne va s’intéresser dans cet article qu’à la foudre et laisser de côté les autres dangers liés aux orages (pluie, grêle, vent, froid, montée de rivières…).

Je tiens à préciser que je ne suis pas météorologue. Cependant, comme je passe pas mal de temps sur des parois rocheuses à faire de l’escalade, je me suis bien renseigné sur ce qu’il faut faire et ne pas faire en cas d’orage. En escalade, on est très exposé, mais on peut l’être aussi très facilement en randonnée.

J’ai donc regroupé ici les éléments qui proviennent de ce que j’ai appris et des recherches que j’ai effectuées. On entend tout et son contraire et il est difficile de faire la part des choses entre ce qui relève du mythe et ce qui relève de la « vérité scientifique ». Beaucoup d’informations à ce sujet ne sont que des hypothèses – et donc ce que vous lisez dans cet article est à prendre avec des pincettes.

Tous les ans, des randonneurs sont frappés par la foudre. Inutile de rappeler que cela se traduit souvent par des brûlures graves, des arrêts cardiaques… ou même la mort. Les foudroiements directs sont assez exceptionnels, mais les foudroiements indirects et leurs conséquences sont à prendre très au sérieux.

Nous allons d’abord voir comment essayer de ne pas vous retrouver exposé à la foudre, puis quoi faire si jamais vous y êtes exposé.

Note : Dans l’article, j’utilise l’expression « la foudre tombe »même si elle n’est pas correcte – car c’est la plus couramment employée.

Que faire pour ne pas se retrouver exposé à la foudre ?

Comme toujours, il vaut mieux prévenir que guérir. Alors, comment éviter de se retrouver à portée de la foudre ?

  • En se renseignant sur la météo avant de partir. Vous pouvez le faire sur internet ou par téléphone et même contacter des locaux (gardiens de refuge par exemple) – qui connaissent bien leur région et peuvent prédire la météo localement. C’est un geste à toujours avoir avant de partir randonner. Si jamais les risques sont trop importants, restez chez-vous, faites autre chose ou allez ailleurs.
  • En partant tôt. Les orages ont plus souvent lieu le soir – surtout en période estivale. Vous avez donc moins de chances d’être exposé à des orages si vous partez tôt et rentrez en début ou milieu d’après-midi. Mais attention, cela ne vous garantit pas de ne pas subir un orage à 10h du matin.
  • En levant la tête, en repérant les nuages menaçants et en suivant leur progression. Même si vous n’êtes pas météorologue, rien ne vous empêche de surveiller le ciel. Faites-le régulièrement, car il est possible que seulement une demi-heure s’écoule entre un beau ciel bleu et un orage. Les orages peuvent se former très rapidement – en particulier l’été en montagne.
  • En anticipant. S’il y a des risques d’orage, ne vous engagez pas dans une zone particulièrement exposée à la foudre (plateau, crête, sommet, etc.). Attendez que l’orage passe en restant dans une zone moins exposée (vallée, dépression, etc.), faites demi-tour ou adaptez votre itinéraire.
  • En prévoyant. Si le temps est incertain, ayez toujours une solution de secours en tête et estimez le temps qu’il vous faut pour vous mettre à l’abri. Ce n’est pas quand l’orage est à 1 km qu’il faut commencer à penser à regagner la vallée qui est à 4 heures de marche !
  • En sachant faire demi-tour. Faire demi-tour n’est pas facile. On a toujours tendance à se dire : « peut-être que l’orage va passer à côté » et à repousser le moment où il faut faire chemin inverse. Le problème est qu’en attendant trop, on n’a souvent pas le temps de faire demi-tour jusqu’à un abri sauf. Il est difficile de se dire que l’on fait peut-être demi-tour pour rien, mais est-ce que le risque de se faire foudroyer vaut le coup de continuer ?
  • En observant les animaux. Bien que je ne l’aie jamais personnellement observé, il paraît que les animaux et en particulier les vaches redescendent des sommets et crêtes quand un orage s’approche. Donc encore une fois, observez ce qu’il y a autour de vous – même si vous êtes en train de souffrir, la tête basse, dans une montée interminable. 😉

Que faire une fois que l’on est à portée de la foudre ?

Même si la prévention est le meilleur moyen d’éviter un accident lié à la foudre, il peut arriver de se faire surprendre et de se retrouver dans un orage. Je connais énormément de personnes à qui c’est arrivé – et j’en fais partie. Et dans ces cas-là, il vaut mieux savoir quoi faire ! Il n’y a pas d’endroit qui est complètement à l’abri de la foudre, mais certains sont plus à l’abri que d’autres. Avant cela, il faut savoir à partir de quelle distance un orage est dangereux – ce qui est loin de ce que l’on peut s’imaginer.

Comment savoir si la foudre peut m’atteindre ?

Lorsque la durée entre le moment où vous voyez un éclair et le moment où vous entendez le tonnerre correspondant est inférieure à 30 secondes, l’orage est assez proche (moins de 10 km) et la foudre peut vous atteindre. Dans ce cas, vous devez prendre les précautions suivantes :

  • Ne paniquez pas. Beaucoup d’accidents arrivent de cette manière – des randonneurs qui paniquent et se blessent en faisant quelque chose de peu réfléchi (pour rester poli).
  • Ne courez pas. Il semblerait que la foudre puisse emprunter le courant d’air créé derrière vous, mais c’est surtout parce que vous risquez de vous blesser en glissant ou chutant qu’il ne faut pas le faire.
  • Eloignez-vous des objets métalliques car ils conduisent très bien l’électricité. Laissez vos objets métalliques (bâtons, sacs avec armature métallique, etc.) à environ 30 m de vous et gardez cette distance avec tout autre objet en métal (barrières, tuyaux, etc.). Si jamais vous entendez un objet métallique bourdonner, débarrassez-vous en et éloignez-vous de celui-ci immédiatement.
  • Eloignez-vous des points d’eau d’environ 100 m – pour les mêmes raisons que les objets métalliques.
  • Ne restez pas sur un point haut comme une crête, un plateau, un sommet… car la foudre a plus de chance de « tomber » à ces endroits. Mettez-vous à l’abri dans une dépression, une vallée ou un point bas. Dans ce cas, faites attention de ne pas vous mettre dans un endroit qui pourrait être inondé rapidement.
  • Ne vous abritez pas sous un arbre isolé ou un abri ouvert isolé. Si la foudre « tombe » sur l’arbre, c’est l’arbre qui va vous tomber dessus ou vous risquez de recevoir un bout d’arbre incandescent. De plus, la foudre a plus de chance de « tomber » sur un point haut. Un abri ouvert isolé ne vous protègera pas non plus de la foudre et aura tendance à l’attirer. Si vous êtes dans une forêt, éloignez-vous des plus grands arbres.
  • Ne vous abritez pas sous une face rocheuse. Pour les mêmes raisons que l’arbre isolé, si la foudre tombe sur les rochers, ils risquent à leur tour de vous tomber dessus.
  • Ne restez pas près du vide ou de pentes raides. Beaucoup d’accidents à cause de la foudre ne sont pas dus au foudroiement même, mais à une chute à la suite de celui-ci (personnes projetées dans le vide, dans une pente raide, sur des parois rocheuses…).
  • Ne vous abritez pas dans une petite grotte ou une petite cavité rocheuse. Il semblerait que la foudre soit attirée par ce genre de « chemins ».
  • Si vous êtes en groupe, éloignez-vous les uns des autres (environ 20-30 mètres). De cette manière, cela évite que plusieurs personnes ou que tout le groupe se fasse foudroyer par un seul éclair. Il est plus facile d’assister un blessé que plusieurs ! Et si tout le groupe se fait foudroyer, personne ne pourra assister personne…
  • Asseyez-vous en boule (pieds serrés, bras autour des genoux, tête posée sur les genoux) sur votre sac à dos, votre tapis de sol ou n’importe quel isolant sans que vos pieds ne touchent le sol. Au pire, vous pouvez essayer de trouver un isolant naturel (une large pierre ou autre). Le but est d’éviter que la foudre ne vous atteigne par conduction électrique si jamais elle « tombe » près de vous. Et, cela se fait très facilement quand le sol est trempé.
  • Si vous n’avez aucun isolant sur lequel vous asseoir, restez accroupi, les pieds serrés en contact le moins possible avec le sol et la tête posée sur les genoux. De cette manière, vous avez plus de chances que la foudre ne vous atteigne pas et qu’elle épargne vos organes vitaux si jamais elle « tombe » proche de vous.

Pour finir…

Au risque de me répéter, la prévention est vraiment le meilleur moyen de ne pas avoir un accident lié à la foudre en randonnée – car les précautions à prendre une fois que vous y êtes exposé réduisent vos chances d’un accident, mais ne les éliminent pas totalement.

Alors, ne prenez pas de risques inutiles !

Avez-vous déjà subi un orage en randonnée ? Et comment avez-vous réagi ? Partagez cela dans les commentaires.

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  53 commentaires à “Savez-vous quoi faire pour éviter la foudre en randonnée ?”

Commentaires (52) Pingbacks (1)
  1. En complément de votre excellent article, voici un lien menant au site de l’Institut Royal Météorologique Belge : http://www.meteo.be/meteo/view/fr/68771-FAQ+sur+le+temps.html?view=7719022

  2. Bonjour, il y a trois mois j’ai fait, partie d’un groupe de 6 personnes électrisées par un arc de foudre lors d’une rando au dessus de chez moi. Tous les conseils que vous donnez sont bons et m’ont été confirmés par les pompiers. Mais il est important de ne surtout pas minimiser la rapidité de propagation d’un orage. Mon groupe se situait à plus de 5 km du lieu de l’orage, mais les conditions de vent et l’electricité produite étaient trop favorable à la foudre. A noter que c’est une ramification de l’éclair qui nous a frappé, et ce parce que nous étions trop proches les uns des autres (aucune autre erreur ,sinon d’être sortis trop tard).
    Bref, même si on pense l’orage loin, demi tour imperatif!

  3. Merci pour ces précieux conseils.
    La raison me dit, lorsqu’il y a des alertes qu’il suffit juste de remettre à plus tard ce que l’on a prévu le jour même.
    Plus facile à dire qu’à faire en tout cas.
    En tout cas, je diffuserai cet article qui a le mérite d’être explicite sur la prévention.

    • Bonjour Marc,

      Le problème est que souvent, il n’y a pas d’alertes, et il y a quand même des orages ! Mais effectivement, quand il y a des alertes, il vaut mieux s’abstenir.

      A bientôt,
      François

  4. D’accord avec toi, pour tous ces conseils, pour ma part 3 expériences d’orages. 2 en rando et 1 en alpinisme. Ce qu’il faut retenir c’est « asseyez-vous en boules ».
    Sinon pour les grottes c’est surtout à l’entrée qu’il ne faut pas rester, pour les objets métalliques OK, encore que tous les objets pointus sont dangereux même en bois.

    Expérience 1 – En rando dans les Dolomites, nous allions attaquer une via ferrata facile, groupe de 14 avec casque et matériel, j’ai dispersé les gens assis en boule sur un petit carré mat personnel, le casque sur la tête, la cape par-dessus le reste du matériel dans les sacs, nous avons pu nous préparer 1/4 heure avant que ça pète vraiment. Un impact à moins de 200 mètres, il faut être sur de soi. Personne n’a paniqué. J’oubliais les bâtons à terre à quelques mètres évidemment.

    Expérience 2 – En Corse groupe de 14, le col juste avant de descendre sur Asco, les 3/4 du groupe étaient passé avant que ça tape, mais très grosse pluie sur versant en forme d’entonnoir.
    J’étais derrière avec 2 autres personnes dont une avait eu la bonne idée de mettre les bâtons de chaque côté du sac, dépassant de 40 cm. Pas du tout inquiète. L’orage était au maximum, et nous passions le col. Bien sur je lui est dit de les reprendre et de les jeter le plus bas possible, nous les récupérions 5 minutes après et on recommençait. Mais c’est la montée des eaux qui m’inquiétait, je distinguais mal les personnes devant moi .Par moment sur le GR, nous avions de l’eau au mollet. Il parait même qu’une participante, petite en taille, a failli se faire emporter, elle avait de l’eau au ventre.
    Franchement je ne sais toujours pas ce qu’il aurait fallu faire, à part rebrousser chemin avant le Col.
    Mais cela entraînait beaucoup de complications.

    Expérience 3 – Sur la crête de la Muzelle – nous étions 3 dont un guide. Arrivés au sommet 3800 m, le guide nous dit « une photo et on décampe », l’orage menaçait. Sur la crête je dis à mon copain : « t’entends pas ? ». « Les abeilles ». Exactement le même bruit que sous une ligne à haute tension, mais plus fort encore. Et nous avions nos piolet sur les sacs, pointes en haut. Je m’attendais à ce que le guide nous arrête, nous débarrasse des objets métalliques etc. A ma grande surprise il nous dit : « Vite faut descendre » et effectivement 50 mètres plus bas, plus d’abeilles, quelques coup de tonnerre ont claqué 10 minutes après, le reste de la descente sans pluie. Seul je me serai débarrassé de mon piolet et me serait planqué en attendant que ça passe. Le guide avait bien sur plus d’expérience, on lui a fait confiance.

  5. Bonjour François,

    Merci pour cet excellent article sur la foudre.
    Je transmets ces infos à mon Goupe Rando Montagne.( 17 personnes)
    Le lien de Laurent du 17-08-2012 sur l’IRM est très complémentaire.

    Merci à tous

  6. Bonjour et bravo pour cet article détaillé.

    Pour donner un petit complément d’information : En fait il est extrémement rare d’être touché par l’éclair lui même, pas plus qu’une ramification de l’éclair comme j’ai pu lire plus haut. Les cas d’exposition directe peuvent sans doute se compter sur les doigts de la main, et quand ça arrive la personne est calcinée.

    Par contre ce qui arrive beaucoup plus fréquement c’est d’être exposé à une différence de potentiel. L’éclair tombe toujours sur un point haut, puis « l’energie » s’écoule dans le sol sur une durée d’environ 1 seconde. Pendant cet instant il y aura une différence de potentiel entre 2 points du sol, d’autant plus grande que ces points sont espacés.
    On est particulierement exposé lorsque l’on est débout, pas parce qu’on est plus grand, mais parce que cette différence de potentiel se manifeste entre les 2 pieds.
    Le conseil de se faire tout petit en étant assis sur son sac est donc particulierement judicieux.

    • j’ai bien précisé « électrisé », pas foudroyé. Maintenant, quand je vois les brulures, les chaussures cramées et les radios des deux personnes les plus atteintes, je ne sais pas trop quoi conclure. Mais encore une fois, la distance entre les randonneurs est un très bon conseil.

    • Bonjour Olivier,

      C’est à cause de la différence de potentiel qu’il est conseillé d’avoir les pieds joints – afin de minimiser celle-ci.

      A bientôt,
      François

      • Bonjour

        Oui, c’est d’ailleurs ce que j’avais précisé ;).

        Un petit hors sujet : La même différence de potentiel existe aussi dans l’air hors du trajet de l’éclair, mais à des tensions bien trop faibles pour provoquer des dommages. Je possède un petit boitier electronique qui fonctionne sur ce principe pour localiser les orages, dans le but de les photographier.

  7. Bonjour François
    Merci pour ces précieux conseils.
    Encore quelque chose que j’ais appris ce jour
    Merci
    Tes articles sont toujours plein de bon sens
    Continue c’est super
    Merci
    Henry

  8. merçi pour cet article sur la foudre et je dirais comme vous c est de lever la tête avant de partir ,consulter les locaux sur leurs region et sur tout tenir en compte les reponse.super tes conseils.

  9. Merci pour cet article .

    Parfois on se fait surprendre en itinérant et on ne sait quelle est la meilleure solution :s’arrêter,continuer ………..???

  10. Merci pour ces super conseils, une petite info scientifique :
    Lorsqu’on court en temps d’orage, on accumule de l’énerge statique (par les couches d’air que l’on repousse et traverse), non déchargée et on augmente la différence de potentiel entre son corps et le nuage, donc le risque d’amorçage entre son corps et le nuage…

  11. Merci pour cet article,

    Pour ma part je suis passé sous un orage il y a deux ans sur le cosse Méjant.
    Mon premier reflexe à été de posé mon sac (avec tente en fibre de carbone et autres équipements de voyages en métal) loin de moi et de me mettre accroupi sur un muret de pierre prêt d’une lisière.
    Rien à signaler mais je n’étais pas très rassurer en attendant qu’il passe.

    Par contre la beauté du paysage une fois qu’il etait au loin !!!

  12. Bonjour François,
    Tes articles sont toujours très intéressants.
    J’avais en mémoire qu’il fallait se trouver loin des sommets, s’accroupir en restant les pieds serrés pour éviter « l’effet de pas » c’est à dire le courant qui passe d’un pied à l’autre en traversant ton corps.
    Merci pour ces autres précisions
    Michel

  13. Excellent article. Je le rediffuse demain à mes fans Facebook, ça te fera un peu de pub François.

  14. Prémonition?
    Vu les évènements de ces derniers jours cet article tombe à point nommé!

  15. On va commencer d’abord par la morale pour changer :

    Toujours prendre son gore tex et son polaire ! toujours consulter le dernier bulletin météo le jour même ! et surtout lever la tête pour juger soi-même des déplacements de nuages ! Ne pas partir trop tard pour éviter de finir à la frontale en cas d’imprévu ! Se méfier du trop d’optimisme et mettre son orgueil de côté en préférant rebrousser chemin jusqu’au précédent abri.

    Surpris par l’orage ce Mercredi soir avant le coucher du soleil à mi-chemin entre deux abris en grimpant en solitaire le Canigou dans les Pyrénées orientales. Heureusement pas de foudre mais une grosse averse durable et une vilaine chute de température.

    Je démarre en TGV de Paris le Mardi soir après avoir consulté la météo qui annonce 15 jours de canicule (plus de 30°C) consécutifs à 15 jours sans une goutte de pluie. Du coup je commet l’erreur de ne prendre ni gore tex, ni pancho, ni polaire (on ne m’y prendra plus).

    Le temps du trajet TGV (5h30), la météo aurait annoncé un bulletin avec risque d’orage aux alentours de Perpignan. Bien sûr je ne me suis pas donné la peine de téléphoner pour obtenir ce bulletin le lendemain avant l’ascension et ayant coupé mon téléphone mes amis essaient en vain de m’avertir que la météo a « brusquement » changé.

    Pourtant je lève bien la tête et je vois quelques nuages menaçants qui se rapprochent, mais je me dis que je délire puisque la météo n’indiquaient pas de précipitations.

    Je m’abrite (avec mon sac) épinglé sous la couverture de survie pendant 45 minutes dans un endroit le moins exposé aux gouttes et au vent glacé puis je décide finalement de continuer à monter à la première accalmie puisque je suis au milieu de tout d’après ma carte et qu’il y a une cabane à quelques km.

    Erreur ! Par excès d’optimisme et de confiance j’ai négligé le dénivelé, les 20-25km de la journée dans les jambes et le back pack de 16 kilos pour 5 jours d’autonomie. Je termine à la frontale en perdant par 3 fois le sentier de vue (bien sûr j’ai préféré le chemin en pointillé sur ma carte IGN au lieu de rester sur le GR plus long mais plus sûr et mieux balisé). Je glisse sur une pierre recouverte de boue et casse un bâton qui me permet de retrouver in extremis mon équilibre alors que mon sac m’entraînait dans une chute.

    Le temps paraît long dans l’obscurité, j’avance moins vite et utilise le chronomètre pour évaluer la distance parcourue. L’angoisse de passer à quelques mètres du refuge sans le voir et de passer la nuit dehors sans un endroit ou fixer correctement ma tante commence à me miner le moral. Après 1h30 de marche dans l’obscurité de la nuit, apparaisse tout d’un coup les murs blancs de la cabane pastorale brillants sous ma frontale.

    L’épisode n’était en fait pas si terrible que ça, mais une succession de mauvais choix, d’erreurs de débutants et de circonstances ont rendu cette expérience quelques peu particulières. J’en ai été quitte pour un léger mal de gorge malgré une bonne tisane. Cela aurait été beaucoup plus compliqué si la foudre s’était invité à la fête.

    Les 4 journées suivantes ont été tout simplement inoubliables. Du fait de la pluie tout s’est retrouvé fleuri sur les balcons du massif. Je recommande le lever et le couché du soleil du haut du sommet. Le spectacle est tout simplement grandiose.

    • Bonjour Adel,

      Merci de partager ton expérience. Au moins, tu as appris plein de choses durant ta randonnée ! Heureusement que tout s’est bien passé. C’est exactement pour cela que j’ai créé ce blog : éviter à des personnes de vivre ces expériences – celles où ça se finit mal !

      A bientôt,
      François

  16. Bonjour,

    Article très intéressant et commentaires très constructif de la part de vous tous. Juste pour vous signalez le site http://www.apfoudre.com/ (Association Protection Foudre) qui est un bon complément à ce sujet. Bonne journée.

  17. Le Canigou,sa proximité avec la mer et sa roche constituée de fer le rendent très sensible aux brusques changement de temps.Il y a regulierement des accidents et de violents orages.

  18. L’article est très intéressant.
    Merci pour toutes ces informations…!

  19. merci François pour ton blog vraiment intéressant . J’avais déjà quelques notions mais là je suis comblé .
    un blog plein de bon sens et en tout humilité !
    bien cordialement !

  20. Bonjour
    Merci pour ces infos, surtout que j’encadre des groupes de temps en temps et que si ça ne m’est encore jamais arrivé, je saurai quoi faire (enfin si la panique me permets de réfléchir…)
    Par contre je me suis déjà trouvée prise au mileiu de la grêle, avec un sentier qui s’est transformé en ruisseau et c’est très, surprenant va-t-on dire.
    Merci encore

  21. Bonjour à tous, et merci pour tous les précieux conseils de ce blog.
    Nous sentons bien cette notion de partage et d’ humilité, je suis ravis de voir que cela existe encore de nos jours…
    Je suis randonneur occasionnel (10 à 15km) sur une demie journée, en local, sans sac a dos, mais je ne suis pas du tout sportif, et j’envisage, depuis longtemps déjà, de partir en randonnée pour huit jours fin septembre sur les chemins de compostelle, de St. Jean Pied de Port, à … ? La distance que l’on pourra parcourir avec mon ami, qui lui est plus sportif que moi, nous aissaierons de faire environ 200km, peut être…
    Avez vous un lien pour la météo locale, et que me donneriez- vous comme conseil, sachant qu’il s’agit de ma première « grande » rando.
    Encore merci,
    Sébastien.

  22. Merci pour ces conseils, mais que faire lorsque l’orage est imprévu et survient la nuit? Que valent les montres altimètres-baromètres pour la prévision des orages?

    Nous étions dans le parc de Néouvielle dans les Pyrénées en bivouac pour 4j. Des orages étaient annoncés 2jours plus tard (J6). Nous sommes passés par 2 refuges qui n’étaient pas au courant de la météo. Nous avons donc monté notre toile le 3ème soir (J3) près d’un lac (à 5m) à 2300m sous un grand ciel bleu. Notre montre baromètre altimètre n’annonçait rien de particulier, mais à 3h du matin nous avons été surpris par un orage. Des pluies torrentielles,des rafales de vents et des éclairs toutes les 10sec pendant 2h avec des impacts de foudres à moins de 2km. Nous avons pour habitude (pour isoler et protéger) de mettre une couverture de survie sous la toile. D’après ce que j’ai pu lire nous avons eu sacrément chaud! Aurions nous pu faire autre chose que rester blottis sous la tente?

    Merci à toi, enfin un vrai bon site pour le bivouac! Quel enrichissement…

    • Bonjour Mariette,

      Effectivement, la couverture de survie, ce n’est pas le top – surtout que ça n’isole pas du froid !

      Une fois que l’on se fait surprendre par un orage, à moins qu’il n’y ait un abri proche (refuge par exemple), je pense qu’il vaut mieux attendre sous sa tente – même si la tente comporte des arceaux en métal. Ce serait sûrement plus risquer de sortir. Mais chaque situation est unique et il faut évaluer au cas par cas.

      Le mieux est d’essayer de prévoir à l’avance au cas où, mais ce n’est pas toujours facile !

      En ce qui concerne les montres baromètres, je ne pense pas que l’on puisse s’y fier à 100 %. Vous en avez fait les frais…

      A bientôt,
      François

  23. bonsoir
    pour les animaux , je confirme, dans les pyrénnées,des chevaux sont redescendus en début d’après midi,l’orage est arrivé pas longtemps après, je vous rassure nous les avons suivis :-),juste eu une bonne averse de grêle
    merci pour toutes ces informations

  24. Bravo pour ce site, et aussi pour les commentaires, qui peuvent sauver la vie !

  25. Bonjour,
    bon article. Vos commentaires valent de l’or.

    Perso, j’ai déjà vu la foudre tomber sur des cimes et dans les vallons en même temps… Il ne faut pas négliger la matière du sol aussi. Il est vrai que bien préparer son sac, son itinéraire en fonction de soi (et des autres), prévenir les gens ou l’on va, avoir fini sa rando avant 17h et prévoir un peu plus dans son sac au cas ou. Essayer de randonner minimum à 2 et choisir ces coéquipiers (difficulté). Savoir être humble face a dame nature même si l’on a investi de l’argent ou autre, ne pas trop paniquer (mais quand même un peu) et surtout s’écouter et ne pas trop se laisser influencer par les gens qui prennent tout à la « cool ». A chacun sont choix, le mien est écrit au dessus.
    Je vois trop souvent des randonneurs qui font n’importe quoi et j’en faisais partie aussi.
    Bref, il y a aussi une chose que je constate, c’est qu’il y a des orages de plus en plus violent.
    Changement climatique?

    Voici un très bon ouvrage: »PETIT MANUEL DE METEO MONTAGNE » edition GLENAT.

  26. je ne suis pas randonneur mais pêcheur sportif j’ai été surpris par un orage et la foudre a tapé a 6 mètres de moi, j’avais largué mon équipement,(canne carbone et epuisette métal) j’ai été secoué et ai perdu partiellement l’ouie côté gauche j’ai eu chaud pourtant l’orage était loin on m’a expliqué que c’était un eclair extra-nuageux

  27. Quand on a 60 ans, un petit ventre et des varices dans les jambes, on ne peut plus tenir la position accroupie plus de 2 minutes. Alors que faire ? : se coucher en position de fœtus. Certes, on s’expose davantage à la dangereuse tension de pas. Personnellement, j’ai un tapis isolant léger de l’armée suisse et je me roule dessus. J’ai étudié la foudre pendant 10 ans de ma vie, j’ai déclenché des éclairs artificiels, je collectionne des centaines de cas de foudroiement et quand j’observe l’orage, je ne suis pas certain de bien le comprendre !

  28. juste une question:
    j’ai bien lu vos conseils lors d’un orage en rando.
    J’ai mis un bout de tapis de sol gym isolant dans mon sac,, mais il existe des » sacs a gravats »et être ainsi isilé du sol ?? , tres épais: ma question: peux t’on s’y mettre dedans , (bien sur le sac et batons loin)

    • Bonjour ,

      Contrairement à certaine croyance,la foudre ne tombe pas du ciel. L’arc électrique se forme depuis la terre vers les nuages. Il n’y a aucune parade car l’arc électrique est complètement aléatoire, ceci et du à la DDP (différence de potentiel) . Je ne vais pas rentrer dans un débat sur l’électricité dans ce blog,car ce n’est pas le but. Beaucoup de randonneur ou d’agriculteur se sont retrouvés foudroyés alors qu’ils étaient à l’abri dans une grotte ou sous des roches et certain dans un champ labouré en position couché en pensant que l’arbre situé plus loin allait attirer la foudre.
      Je vous invite à consulter vos moteurs de recherche préféré ainsi que les forums d’électronique pour en savoir plus sur la formation de la foudre.Dans le temps, ma grand mère me criée de ne pas regarder un éclair( attention ne pas confondre avec une éclaire en pâtisserie) faute de perde la vue pendant un certain temps.Idée obsolète.

      • Bonjour Jean-Claude,

        Il y a bien évidemment une partie aléatoire, mais il y a certaines choses qui permettent de réduire le risque. Je ne testerai pas l’effet de pointe à côté d’une croix métallique en haut d’un sommet. 😉

        A bientôt,
        François

  29. Encore une chose,
    il existe des centaines de rumeurs ou d’histoire invraisemblable sur la foudre au même titre que sur la bête du Gévaudan ou des Vosges. La seule différence, une est devenue théorie scientifique et les autres des hypothèses. A méditer.

  30. La meilleure protection serait d’être à 300 m de profondeur sous le sol selon un spécialiste. Dans une grotte, il reste des risques, on a déjà vu des mineurs foudroyés à 30 m de profondeur dans une galerie ! Ma méthode du tapis isolant, c’est comme le casque, la ceinture ou l’airbag, ça réduit les risques. Entre les éclairs positifs, les négatifs, les coups montants, les coups descendants, les foudroyés sous un ciel bleu… Sur un pic au-dessus des nuages, ils regardaient l’orage en bas et un éclair est monté ! C’est compliqué ! Il y a le cas de cet Américain qui montait sur les sommets à l’approche d’un orage, avec pic de métal et une chaîne pour se suicider par la foudre… 5 ans après, par échec, il s’est tiré une balle dans la tête, la foudre ne voulant pas de lui ! D’autres ont été foudroyés dans leur salon !

    • Bonjour Bruno,

      Pas facile de rapidement creuser un trou de 300 m. 😉 On peut effectivement réduire les risques, mais pas les éliminer. Et dans le cas de la foudre il y a un facteur chance/malchance non maîtrisable.

      A bientôt,
      François

  31. Salut François, je n’ai pas lu tout les commentaires mais ,j’en ai trouver beaucoup de bon conseil ,mais tous date de 2012 ?????????
    2013 ,2014, y a pas ….!

  32. Sorry François une erreur de manip de ma parts.

  33. Merci pour cette article complet et à tout ceux qui ont contribué ….
    Ça me ferait tellement peine de finir roti par négligence. Je vais faire une GTA au 26 Juin prochain au départ de Menton jusqu’au Léman et je risque d’y avoir droit .

  34. Bonjour,

    Nous préparons une randonnée en autonomie totale de 10 jours sur le GR5 durant la dernière partie de juillet. Auriez-vous des conseils à nous donner concernant les risques liés aux orages quand la totalité des nuits se font sous tente ?

    Merci !

  35. Stéphan,

    Je serais sur le GR5 moi aussi, je pars ce dimanche. Pour le coup il y a de fortes alertes Orage sur tout l’est de la France. Attention donc à bien préparer votre trajet car on fait aussi plus facilement des erreurs de navigation lorsqu’on est stressé.

    Comme François l’a expliqué, il faut d’abord prévoir et envisager sérieusement de reporter le départ. Si le risque d’orage vraiment intense est avéré, sur place, prenez une décision. C’est le cas ce weekend (25-26 Juillet), donc ne partez pas dimanche sans avoir consulté la météo le dimanche matin et consultez la météo toutes les deux heures au minimum afin de prévoir l’arrivée éventuelle des orages sur votre secteur.

    Ensuite, chaque nuit plantez la tente loin des points d’eau, des lisières de forêt, des grands arbres et des élévations de terrain, loin des poteaux et des abris en dur, et globalement loin de toute chose qui pourrait vous tomber dessus si la foudre tombait sur l’objet. Si vous n’avez pas d’abris en dur où vous mettre qui ne soit ni trop loin ni trop isolé en clairière, sortez de la tente avec votre lampe torche, votre tapis de sol et votre gore-tex, et allez vous mettre calmement à 30m de la tente sur le tapis de sol, en boule, les pieds serrés le torse contre les genoux et le menton sur l’avant des genoux. C’est un mauvais moment à passer, mais généralement en 15 minutes c’est terminé.

    Pour trouver le bon terrain où planter la tente, le mieux est de prévoir au moins 2 heures avant le coucher du soleil.

    Bon courage

  36. A propos du comportement des animaux, je me permets de partager une anecdote tenue d’un guide (AMM) : un jour qu’il était avec un groupe il a remarqué un troupeau de vaches toutes agglutinées les unes contre les autres (en rond, la tête dans les fesses des copines). Il a immédiatement dirigé le groupe vers une bergerie qu’il savait proche du lieu, en annonçant que si la porte était fermée, il la défoncerait… (heureusement ça n’a pas été nécessaire). Il ont ainsi pu se mettre à l’abri avant que ça n’éclate. Les vaches, elles, se sont protégées comme elles pouvaient les pauvres ! ^_^

  37. Et pour la fiabilité des prévisions de Météo France… c’est pas non plus du 100%. Pour preuve : mon appli m’annonce à l’instant grand beau et nuit claire là ou je suis, et quand je regarde dehors, je vois un bel orage qui domine toute la ville !
    Prendre la météo oui, mais surtout surtout, bien observer le ciel et les nuages qui s’accumulent sur les hauteur en moutonnant à vitesse grand V, genre méga pop-corn ; c’est ce que j’ai appris de mon guide AMM cet été.

    • Bonjour,
      Pi moi dans la Vanoise il y a un mois, l’orage était prévu à 17H00. Je suis rentré dans le refuge de l’Arpont à 16h59, c’est tombé grave 1 minute plus tard.

      En 1 mois de Menton au Léman, j’ai suivi les bulletins de la météo montagne en parlant avec des humains et je n’ai pas eu de grosse surprise …. Si comme tu le dis en plus tu jetes un coup d’oeil sur le ciel, ce qui est un minimum syndical dés que tu as quelque chose à faire dehors et que tu demandes aux gens comme du coin comme ça se passe, le relief influe sur les trajectoires , ben ça fait l’affaire et en plus tu te fais de nouveaux copains, à l’ancienne , de ceux avec qui tu peux boire un coup par ex …. Elle est pas belle la vie !!!!

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